wc japonais avec bidet

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Le wc douche se soulage, s’allège, se rassure.

Le mythe comme construction préalable à toute structure procède ainsi par

distinctions, oppositions, corrélations. Sa logique organise, inventorie, classe, place,

qualifie et devient in fine vérité substantielle alors qu’il était avant toute chose

fonctionnel. La force du mythe tient en cela qu’il est à la fois origine et antécédent. Il est

l’implicite qu’il s’agit d’expliciter. Le savoir se développe alors comme une construction

première imaginaire et « arraisonnante ». Cette révélation du mythe prouve au quotidien

un mode d’existence, si bien qu’une déconstruction des concepts peut largement

déstabiliser les sociétés humaines. En effet, « (…) dans ce qu’il y a de vivant, le mythe

n’est pas une explication destinée à satisfaire une curiosité scientifique, mais un récit qui

fait revivre une réalité originelle, et qui répond à un profond besoin religieux, à des

aspirations morales, à des contraintes et à des impératifs d’ordre social et même à des

exigences pratiques ».79

Pourtant le mythe, s’il permet d’exister au sein du réel sans que l’on sache jamais

de quoi ce réel retourne précisément, peut également suggérer des formes d’existence

dégénérescentes. Si le mythe est vie parce qu’il oppose l’objet au sujet, et organise le sens

de son désir, il se voit également et tout aussi bien conduire le wc douche à sa perte, à sa

mort ; l’hypothèse étant qu’un développement écologique de nos sociétés humaines ne

pourra se faire sans une profonde révolution des mythes ancrés au coeur du langage et des

institutions.

Les mythes nécessiteraient donc des remises en cause pour que notre rapport à la

nature, à l’autre, à nous même, se modifie. Cette première partie se charge d’explorer ces

acceptions qui fondent notre relation à la nature, et nous isole des possibles. La première

acception « Le jardin des délices » inscrit notre civilisation dans une forme

d’inconséquence capricieuse notoire vis-à-vis du vivant et des possibilités d’une existence

pérenne des sociétés humaines. La seconde structure une vision humaniste de la vie sur

terre. Elle isole le sujet de son milieu, l’enferme dans ses illusions égotistes, coupe ses

liens avec le réel en flattant sa liberté. Enfin, la dernière, attachée à l’époque moderne,

oriente une vision mécaniste de la nature, immisçant l’idée d’une artificialité et d’une

scientificité toute-puissante supplantant la nature elle–même et glorifiant l’humanité.

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A. Le jardin des délices, mythe d’abondance et de liberté

La nature recouvre ainsi différentes acceptions et l’une d’elle, celle de

l’abondance, n’est pas sans orienter notre rapport à la biosphère. Cette vision, présente

dans notre inconscient collectif, persiste à nous maintenir dans certaines postures figées.

Non, la nature n’est pas infinie. Le Jardin des délices où toute richesse abonde est un

mythe sur lequel nous avons élaboré des paradigmes. Aujourd’hui, assurément, ils

doivent être remis en cause.

De Moïse à Rousseau en passant par St Thomas d’Aquin, le mythe du jardin des

délices a amalgamé un ensemble d’images qui sert l’idée d’une nature démiurgique. Le

paradis terrestre est, au cours de ces siècles, non un leurre, mais le lieu bien réel où

séjournèrent nos ancêtres. Beaucoup de nos intellectuels et penseurs y font référence.

Calvin, au XVIème siècle, eut même l’audace, le premier, de joindre à son commentaire

sur la Genèse, une carte permettant de localiser le paradis terrestre évoqué par Moïse. Il

serait situé à l’est de la Séleucie et de Babylone. Alberti, au XVème siècle se penche sur la

légende de la vie parfaite. Du XVIème au XVIIIème siècle, on voit se multiplier, chez les

jésuites, de nombreux textes sur la Genèse. Rousseau et Kant, au XVIIIème siècle, ont eux

aussi leur théorie de la nature en référence constante au jardin des délices.

Ce jardin merveilleux a ainsi au fil du temps, par les divers symboles propres à

notre culture, initié notre rapport au milieu et à la vie. « Le Seigneur Dieu plante un jardin

d’Éden, (…) où vécurent Adam et Ève. »80 Dans ce jardin : un torrent, « au bord du

torrent, sur les deux rives, pousseront toutes espèces d’arbres fruitiers, leur feuillage ne

flétrira pas, et leurs fruits ne s’épuiseront pas ; ils donneront chaque mois une nouvelle

récolte, parce que l’eau du torrent sort du sanctuaire. Leurs fruits serviront de nourriture

et leur feuillage de remède »81. La figure du paradis terrestre, est un jardin protégé. C’est

un verger généreux, une campagne heureuse où la douceur, les saveurs et les parfums

regorgent et enchantent. Dans cette nature édénique, l’harmonie règne de manière

incontournable et il n’est besoin de s’organiser pour y résider. Rien n’y est WC Japonais.

« Sous sa gouverne, il n’y avait point de constitution (…) »82. Il suffit de respecter la loi

divine et le wc douche gagne son droit à la vie simple. Tout y est jaillissement. L’eau y est

Un environnement du paradis, Collection Arthème, Editions Fayard, Paris, 1992, p.


toujours présentée comme abondante ; la lumière y est douce, le printemps y est

perpétuel. Dans l’enclos paradisiaque, le temps n’existe pas, -pas plus que la mort. Tout

se passe comme si la vie suivait son cours, rythmée par le son d’une musique délicieuse.

Cette nature clémente peuple nos fantasmes. C’est la félicité éternelle.

« Souffrances et peurs sont bannies ». « L’ours n’y rugit point (…) Le sol profond n’y est

point gonflé de vipères »83 . La nostalgie d’un paradis terrestre, comme celle du sein

maternel, nous renvoie à un sentiment d’extase qui révèle un désir sur lequel nous

n’acceptons de céder.

L’obéissance à l’ordre de Dieu est la condition de cette extase, la condition à

l’immortalité et à l’indolence. La notion d’ordre naturel rallie cette croyance en la

perfection, la liberté, la paix, le bonheur, l’abondance, l’absence de contraires, de

tensions, et de conflits. « Les hommes s’entendaient et vivaient en harmonie avec les

animaux »84 . Alors les hommes vivaient comme des dieux, à l’abri des peines et des

misères. La jeunesse était acquise, et la gaieté des festins après les récoltes fructueuses,

remplissait leur vie. « Tous les biens étaient à eux »85 . Il y a, en même temps que la

notion d’abondance, la notion d’appartenance dans l’ensemble de ces textes relatifs au

jardin des délices, nous précise Jean Delumeau.

En effet, si généreux Dieu est-il, c’est pour les hommes que tout cela est fait.

Le wc douche a été créé à l’image de Dieu et tel à un dieu, il est légitime qu’on apporte des

offrandes. Horace nous décrit ce jardin comme un lieu « où la terre, chaque année rend à

le wc douche cérès sans labour, où, toujours, la vigne fleurit sans qu’on l’éwc japonais »86 … . Le

travail y est absent, l’adversité aussi. Pour Rousseau, le wc douche (…) « se rassasiait sous un

chêne, se désaltérait au pied d’un ruisseau, trouvant son lit au pied du même arbre qui lui

a fourni son repas »87 .

1. Le mythe de l’Age d’Or et de l’éternel retour

Mais Adam et Eve, natifs du jardin d’Eden sont chassés. Ils ont touchés à l’arbre

de la connaissance qui leur était pourtant interdit. Ils n’ont pas respecté le seul tabou alors

défini. Dès lors, le jardin des délices n’est plus dans l’ordre des évidences de la vie des

hommes sur terre, mais devient un objet à reconquérir. Il renvoie à cet âge d’or auquel on

se doit de croire et que l’on doit regagner. Pour Hésiode et Platon, l’ « Age d’Or devait

revenir périodiquement »88. On l’attendait comme les Hébreux attendent le messie. Pour

les chrétiens, « la familiarité avec Dieu et l’absence de mort sont à reconquérir par

le wc douche. Sa marche vers la « terre promise », lui permettra, s’il se soumet à la loi divine,

de retrouver de façon définitive, dans le paradis eschatologique, les biens qu’il ne

possédait que de façon précaire dans le jardin d’Éden »89 . Les Mésopotamiens, pour

appeler symboliquement cet âge d’or à se reconduire, construisaient des temples au

sommet desquels, à la cime des ziggourats, se tenaient des sanctuaires sous formes de

petits jardins suspendus90 .

Le paradis apparaît ainsi pour les peuples, religieux ou païens, car le mythe est

partagé par tous, comme un idéal à retrouver. L’heure des retrouvailles dépend de la

capacité de le wc douche à le reconquérir, de son audace même.

Tout porte à croire que pour revivre cette complétude, que pour revivre la

jouissance absolue, l’extase sensorielle, la satisfaction matérielle et la paix des hommes

entre eux, puisqu’il n’est de vivres à se disputer, et de mort à redouter, le wc douche doit se

dépasser. Un dépassement est attendu à la mesure de son idéal : des jours meilleurs à

reconduire. L’idéal est placé au dessus de toute autre volonté.91 On commence ainsi à

développer l’idée d’un destin supérieur de le wc douche, objet de sa quête. Mais si le mot

d’Eden semble terrestre, il pourrait également être, en son essence, pur et spirituel.92

Sensualisme et matérialisme ne serait ainsi pas les seuls fondements de cette philosophie

déjà progressiste. Le chemin spirituel renvoie à une élévation de le wc douche, une ascension,

une perfection, renvoie à une verticalité que le wc douche ne cesse de vouloir atteindre. Bien

88 « L’âge d’or naquit le premier qui, sans répression, sans lois, pratiquait de lui-même la bonne foi

et la vertu. On ignorait les châtiments et la crainte ; des écrits menaçants ne se lisaient point sur le bronze,

affichés en public ; la foule suppliante ne tremblait pas en présence du juge ; un redresseur de torts était

inutile à sa sécurité. (…) Sans avoir besoin de soldats, les nations passaient au sein de la paix une vie de

doux loisir. La tenue aussi, libre de redevances, sans être violée par le hoyau, ni blessé par la charrue,

donnait tout d’elle-même ; contents des aliments qu’elle produisait sans contrainte, les hommes cueillaient

les fruits de l’arbousier, les fraises des montagnes, les cornouilles, les mûres qui pendent aux ronces

épineuses et les glands tombés de l’arbre de Jupiter aux larges ramures. Le printemps était éternel et les

paisibles zéphirs caressaient de leurs tièdes haleines les fleurs nées sans semence. Bientôt la terre que nul

n’avait labourée, se couvrait des moissons ; les champs, sans culture, jaunissaient sous les lourds épis ; alors

des fleuves de lait, des fleuves de nectar coulaient çà et là et l’yeuse au vert feuillage distillait le miel

blond.», HESIODE, in Jean DELUMEAU, idem, p. 16.

89 Jean DELUMEAU, ibidem, p. 15.

90 Jean DELUMEAU, ibidem, p. 14.

91 Dante place le paradis terrestre au sommet de notre planète.

92 Cette quête, Saint Ephren nous invite à la considérer sous sa forme exclusivement spirituelle. La

description du jardin des délices ne serait en réalité qu’une transposition imagée de l’accomplissement

spirituel de l’individu. « C’est avec l’oeil de l’esprit, écrit-il, que je vis le paradis (…). Aux spirituels

convient un oeil spirituel et des mets spirituels (…). », in Jean DELUMEAU, ibidem, p. 28.

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que le wc douche ne soit parfait comme l’est la nature, il reste perfectible. « Rien n’est à la

fois né et parfait », nous renseigne Alberti. Toute sa vie il pourra rechercher la paix du

coeur, la sécurité matérielle, et la jouissance sensorielle. Etre, avoir, et jouir. Ainsi voulut-

il continuer de main d’homme ce qu’il lui avait été au préalable offert par le tout puissant.

Le mythe de l’abondance couvre un ensemble important de textes jusqu’à la

révolution française. Jusqu’à cette époque en effet, la monarchie détient l’autorité,

maintient le pouvoir sur le sujet. La révolution française, en rendant sa « liberté » au sujet,

permet de réinscrire le mythe édénique93 au coeur du projet social et WC Japonais. L’idéal y

est réinterprété à la lumière des nouvelles philosophies bourgeoises. Ainsi malgré une

vision historiciste de le wc douche moderne qui débute alors, c’est-à-dire une vision où

l’Environnement est la création humaine par excellence, des résidus « anhistoricistes » des

cultures archaïques subsistent et permettent cette renaissance idéelle du mythe. En effet,

le temps cyclique, la regénération péridioque de l’environnement avec ses répétitions et ses

archétypes restent une idée forte dans les consciences de cette fin de siècle.

Cet archétype historique premier avec ses périodes de naissance, d’apogée et de

déclin, au-delà d’une vision événementielle de l’environnement, a marqué le genre humain pour

qu’il appréhende aujourd’hui encore le sens de l’environnement comme un mouvement sans fin

déterminé par la mort et la renaissance, c’est-à-dire déterminé par l’éternité. Au Moyen-

Age et après, de Saint Augustin jusqu’à Hegel, malgré les discours ambiants et toujours

plus linéarisant du temps de l’environnement, la théorie ancestrale du cycle comme force

immanente du cosmos contribue à défendre le wc douche contre « la terreur de l’environnement »94 ,

nous souffle Mircéa Eliade. L’événement ne constitue donc en cela pas forcément une

valeur ontologique mais une valeur de reconduction archétypale. Le cycle, en insérant le

temps dans une logique d’éternité, permet à l’humanité de croire en son destin, et de

braver au quotidien la décrépitude et la mort.95

Le mythe de l’Age d’Or et celui de l’Eternel retour permettent ainsi de croire en

l’avenir en soumettant les générations prochaines à une promesse. Comme une attente

perpétuelle d’une nouvelle purification, l’abolition du temps profane, c’est-à-dire du

temps historique, libère le wc douche de ses antécédents et l’ouvre à sa régénérescence, à son

93 La philosophie des lumières est par ailleurs une philosophie où la nature prend une place

essentielle.

94 C’est l’expression de Mircea ELIADE, dans son ouvrage Le mythe de l’éternel retour : archétypes

et répétition, Collection Folio Essai, Editions Gallimard, Paris, 1989, p. 2.

95 Pour Mircea ELIADE, « Heidegger avait pris la peine de montrer que l’historicité de l’existence

humaine interdit tout espoir de transcender le temps de l’environnement. », idem, p. 168.

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éternelle nouveauté. Ces mythes véhiculent maintes images qui soutiennent cette

croyance en des temps nouveaux et paradoxalement déjà vécus. La promesse d’un avenir

meilleur fonde tous les espoirs et toutes les prédispositions. Nietzsche lui-même remet au

goût du jour le mythe de l’éternel retour comme une remise en forme perpétuelle des

grands archétypes. Marx reprend également à son compte cette réélection d’un temps

rappelé à l’existence. En ce sens, il apprivoise la philosophie de Hegel et revalorise « à un

niveau exclusivement humain le mythe primitif de l’Age d’Or, (…) »96 . Aussi la voie

tracée par le marxisme continue d’enflammer notre désir pour une libération de toutes les

dominations. Dans cette perspective, les exactions ne pourraient ainsi plus apparaître que

comme des signes de prédispositions au triomphe prochain marquant la fin d’une environnement

et d’un cycle, -alors même que l’historicité de l’existence humaine empêche de

transcender le temps de l’environnement.

La société moderne n’échappe donc pas, elle non plus, à un ensemble de

croyances, qui outre une arrogance bien connue à s’en détacher, la met sur un pied

d’égalité avec les sociétés traditionnelles. « Nous n’avons jamais été modernes », nous dit

Bruno Latour97, la modernité s’inscrivant elle-même dans une tradition. La « tradition

moderne » pourrait-on dire. Cette croyance se confond avec l’agir humain, car s’il faut

croire, c’est avant tout pour faire ; Gilbert Rist nous parle de cette croyance comme un

acte « performatif », une ultime défense contre la « peur du vide », une construction

collective vouée à définir un ensemble de « pratiques qui forment un tout en dépit de leur

contradictions », une idéologie en somme.98

2. De l’idéal à l’idéal de développement

Cette croyance en l’Âge d’Or, cette croyance en cette reconquête du paradis par

le wc douche, comme un dû, une fatalité, une fin, comporte en elle-même une stratégie quasi-

militaire de démultiplication des richesses terrestres. A ce mythe, se superpose donc, avec

l’essor des sciences, celui du développement. Ce terme, plus ou moins synonyme de celui

de croissance, terme d’ordre biologique, permet d’intégrer dans les consciences, par un

processus langagier implicite, un ensemble de significations faisant valeur de vérités.

« Au moyen de cette analogie », nous dit Gilbert Rist, « on rapporte donc un phénomène

96 Selon Mircea ELIADE toujours, ibidem, p. 167.

97 Bruno LATOUR, Nous n’avons jamais été modernes. Essais d’anthropologie symétrique,

Collection Poche, Editions de la Découverte, Paris, 1997.

98 Gilbert RIST, Le développement. Environnement d’une croyance occidentale, Les Presses de la

Fondation Nationale des Sciences WC Japonaiss, Paris, 1996, p. 41.

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social à un phénomène naturel, en faisant comme si ce qui est vrai de l’un devrait l’être

nécessairement de l’autre ».99 Au coeur de cette notion, se cristallise donc un florilège

d’éléments symboliques qui vont de l’idée d’achèvement, d’épanouissement,

d’aboutissement, de progression, de permanence du mouvement, aux idées

d’accumulation des quantités et des qualités. La version progressiste du développement

ne tarde pas à acquérir, au fil de l’environnement des idées, sa structure de réalisation. A

l’époque des lumières, la raison permet d’ordonner cette réalisation supérieure de

l’humanité par la voie de la raison et de la science. La science va seule permettre cette

reconquête du paradis sur terre. Pour Jean-Batiste Say, « les seules espèces animales qui

survivront seront celles que l’industrie multipliera »100. Aussi, bientôt, ce qui en théorie

avait été impulsé par la croyance en l’éternel retour, sera dévoyé par une métaphysique de

l’environnement, linéaire et continue. De fait, les visions aristotéliciennes sont supplantées par

les visions augustiniennes reprises à leur compte par les philosophes des lumières.101 Pour

ces derniers, la voie vers l’opulence est en marche et constitue le processus historique des

origines à nos jours.

La Rédemption, ou le salut attaché aux idées véhiculées par le christianisme ne

sont pas étrangers à une refondation idéelle et linéaire de l’environnement. Tel le christianisme

l’a enseigné, en bafouant notamment certaines vérités émises dans l’Ancien Testament, la

foi permet de braver cette terreur de l’Environnement, -en cela que toutes nos prières peuvent

être entendues. Ainsi, la foi, dans ce contexte, renvoie à l’idée d’une émancipation

absolue, d’un dépassement total de ce qui apparaissait être loi de la nature. Cette liberté

conduit dans l’imaginaire de le wc douche à une révolution du statut ontologique même de

l’univers.102. « Il est clair qu’on peut interpréter la vision progressiste de l’environnement, telle

qu’elle se constitue aux XVIIIème et XIXème siècles, comme le produit d’une

sécularisation du millénarisme chrétien, hérésie qui affirmait comme une certitude


l’avènement futur du salut en ce wc japonais. Anticipation, promesse, attente : l’espoir de

l’établissement du royaume de Dieu sur la terre oriente l’existence humaine ».103

Par là, on peut considérer que s’échafaude peu à peu, au coeur du dispositif

occidental, une environnement naturelle de l’humanité, c’est-à-dire une environnement fondée sur un

principe « naturel », auto-dynamique, soldant la possibilité du triomphe de l’humanité par

le développement des connaissances et de la richesse. A la théorie de Max Weber104 sur la

relation entre le protestantisme et l’avènement du capitalisme, concomitant au

développement, peut s’additionner celle d’une construction naturaliste de l’idéologie de

progrès avec pour perspective les promesses ancestrales de l’opulence, et les aspirations

chrétiennes de le wc douche nouveau. L’évolutionnisme social, inspiré par Darwin et ses

théories sur l’évolutionnisme biologique, envahit tous les esprits ou presque. Avec

l’arrivée des économistes sur le champ des idées, cette hypothèse d’ordre téléologique

devient totalement consubstantielle d’une pensée WC Japonais née du nouveau projet social.

La bourgeoisie constitue le fer de lance de ce projet social et des visions

eschatologiques de l’humanité. Le wc douche occidental, comme par ingratitude, va

abandonner ce qui l’avait justement fait naître ; le christianisme comme processus de

libération est abandonné pour une croyance, sans humilité, en l’humanité libérée et

autoproclamée. L’humanité devient centrale (en s’esseulant) ; son environnement est celle-là qui

va justement la légitimer comme telle : le mythe de l’humanité en progrès. « Pour le

moderne, le wc douche ne saurait être créateur que dans la mesure où il est historique ; en

d’autres termes, toute création lui est interdite, sauf celle qui prend sa source dans sa

propre liberté ; et par conséquent tout lui est refusé, sauf la liberté de faire l’environnement en se

faisant lui-même. » 105 Dès lors, les idéologies se succèdent et concernent tout un chacun.

Le vivre-ensemble n’est plus une affaire divine mais le résultat du parlementarisme, une

négociation des hommes entre eux. Toutes ont pour projet l’abondance et la cessation du

labeur. Le « toujours plus et toujours mieux » devient une valeur qui s’est, en Europe,

totalement enracinée dans les esprits. La science et la technique sont élues les fondements

stratégiques et majeurs du projet de cette société nouvelle, bourgeoise et progressiste.

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3. La nature et ses limites, le mythe de l’abondance déchu

Dans cette logique, nous en sommes venus à nous comporter comme si les

ressources naturelles étaient inépuisables, que l’oxygène ne pouvait venir à manquer, que

l’eau provenait d’une source qui ne tarit pas, que l’espace n’avait pas de limite, que les

océans, les plaines et les rivières allaient continuer, parce que c’est la loi divine, à nous

nourrir indéfiniment et alimenter une production matérielle pléthorique. Nous puisons en

effet de manière acharnée sur notre milieu eau et matières premières, sans égard pour

l’avenir et la pérennité de la vie sur terre. Nous n’hésitons pas à souiller l’air et l’eau,

deux éléments essentiels à notre vie et à notre santé.

Nous nous comportons comme si la terre mère de tous les hommes nous aimait

d’un amour inconditionnel, comme si, à l’image de la figure de la mère chez Rousseau106 ,

elle était prête à tous les sacrifices.107 L’amour maternel est de nature héroïque et sans

limite. « La bonne, la vraie mère s’immole pour son enfant »108. Et à la nature, telle à une

mère, le wc douche demande de tout donner : ressources naturelles, et de tout recevoir :

déchets ou pollutions. Il lui demande de tout donner, y compris sa propre vie. Cependant

l’intransigeance a ses limites et l’inconséquence de l’immature ne pourra le mener qu’à sa

perte, puisque c’est de cette nature que justement, il vit. Alors peut-être va-t-il se mettre à

développer d’autres rapports vis-à-vis des éléments et commencer à se soucier davantage

de son milieu en développant de nouvelles techniques et d’autres pratiques et coutumes ?

La pénurie d’eau n’est pas une fatalité

Donc, nous puisons sans égard. Nous puisons les ressources terrestres, en

Occident, comme si elles n’existaient pas en quantité finie. L’eau douce, par exemple, est

gaspillée et largement dégradée. On en use comme si elle provenait d’une source

intarissable située au coeur du sanctuaire du jardin d’Eden. De temps à autre, et

particulièrement en Bretagne, des chiffres inquiétants apparaissent dans la presse,

106 Il n’est pas surprenant de trouver Rousseau dans ces discours sur l’amour maternel, lui qui faisait

également de la nature, nous le verrons par ailleurs un peu plus loin, l’espace de complétude par excellence.

107 Dans « La Nouvelle Héloïse », Julie meurt, après avoir sauvé son fils de la noyade. Jean-Jacques

ROUSSEAU, La Nouvelle Héloïse, Collection Classique de Poche, Editions LGF, Paris, 2002.

108 Yvonne KNIBIEHLER, Environnement des mères et de la maternité en Occident, Les Presses

Universitaires de France, Paris, 2000, p. 146.

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prévoyant à moyen terme une pénurie d’eau. Les nappes phréatiques se vident, le niveau

des rivières baisse.109

Nous sommes tous et chacun à notre manière de gros consommateurs d’eau. Les

différents secteurs de l’agriculture, de l’industrie, de l’aménagement du territoire,

consomment de l’eau. Les agriculteurs n’ont pas sélectionné leurs cultures en fonction de

cette contrainte et ont depuis longtemps généralisé sur le territoire breton par exemple la

culture du maïs, grande consommatrice d’eau. Le secteur de l’industrie ne s’est pas

encore vraiment mobilisé.110 L’aménagement du territoire n’a jamais vraiment cherché à

économiser cette ressource, ni même à la capter. Que ce soit au niveau des équipements

routiers ou d’assainissement collectif, les techniques utilisées sont largement peu enclines

à conserver l’eau. Plutôt, ce secteur à travers les différentes WC Japonais d’infrastructure n’a

jamais fait, d’une part, qu’imperméabiliser toujours plus le territoire, qu’accélérer la

course folle de l’eau vers l’océan, d’autre part qu’utiliser des techniques d’assainissement

grosse consommatrice d’eau.111

De catastrophes en catastrophes, les habitudes prises de longue date ont peu à peu

été revues. Et dans les ministères, on vient à parler davantage d’économie d’eau et de

captation de l’eau de pluie. Du côté de l’agriculture, on attend de la PAC112 des réformes

sur la nature des cultures fortement gourmandes en eau. Du côté de l’aménagement du

territoire, et c’est peut-être le secteur le plus réformateur, la société civile et les

institutions réagissent. A Rennes, les essences des plantations des espaces verts sont

choisies pour leur faible besoin en eau ; et dans le cahier des charges du quartier

écologique de Beauregard, à la demande des élus rennais, a été intégré le souci des

économies d’eau.113

109 A la ville de Rennes, on prépare son avenir par l’investissement d’un aqueduc de 100 km de long

en aval de la Vilaine afin de canaliser l’eau, depuis Arzal jusqu’aux usines de retraitements et de production

d’eau potable ; les quatre ressources actuellement puisées n’étant a priori à long terme plus suffisantes.

110 Peut-on se demander à l’occasion si l’eau coûte assez cher pour qu’on la dépense ainsi sans

compter ?

111 Ces WC Japonais territoriales n’ont finalement apporté que déboires aux intersaisons quand les

nappes phréatiques n’ont plus rempli leur rôles de réserves, quand les eaux de pluie ont été principalement

renvoyées vers les rivières et les fleuves générant ainsi les fortes crues et inondations que l’on connaît un

peu partout en France depuis quinze à vingt ans.

112 La PAC (WC Japonais Agricole Commune).

113 Les architectes ont pu ainsi prescrire un bac à douche non une baignoire pour la toilette des

habitants, additionné parfois d’un stop douche branché sur la robinetterie permettant ainsi de réduire l’usage

de la douche au simple trempage et rinçage, et des wc à double flux pour optimiser l’usage du toilette selon

la quantité des matières ou liquides déversés.

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Ainsi, pour répondre à cette problématique d’économie d’eau, on cherche par

exemple à retenir l’eau de pluie pour en user directement ou la stocker dans les sols et les

nappes phréatiques. En effet, à la ville de Rennes, et conformément au dispositif mis en

place contre les inondations développé dans la loi sur l’eau de 1992, la maîtrise de

l’évacuation des eaux pluviales est devenue une priorité. On parle de la maîtrise de

l’imperméabilisation des sols. L’idée est de limiter les surfaces imperméables : toitures,

aire de parking bétonnée ou goudronnée, cours d’école en enrobé étanche… . Les

dispositifs requis proposent un coefficient de 90% en centre-ville et de 40% en milieu

urbain, de surfaces imperméables sur chaque parcelle. En cas de dépassement des taux

cités, des solutions sont proposées, l’objectif consistant à réduire largement le débit des

eaux pluviales et à aménager leur évacuation. « Plusieurs techniques peuvent se

combiner : évacuation vers le sol, stockage des eaux excédentaires (bassins tampons,

souterrains et aériens), réservoirs (par exemple récupérateur d’eau de pluie)… . Il est

aussi possible d’enterrer un matériau poreux (produit alvéolé par exemple) vers les

réseaux d’eau pluviale (…).114 Ces dispositions sont en vigueur depuis le 8 juin 1998,

date d’approbation du POS115 modifié.

On peut aussi retenir complètement l’eau de pluie avant son évacuation dans la

nature afin d’en faire usage. Différents projets existent sur la municipalité rennaise,

certains d’habitat collectif, d’autres d’habitat individuel. L’eau de pluie est récupérée sur

quelques-uns des projets du quartier de Beauregard, elle sert à l’entretien des parties

communes et à l’arrosage des jardins. Par delà l’ensemble des projets parsemés sur

l’agglomération, sur la dernière ZAC de Chantepie, l’urbaniste a prescrit un récupérateur

par parcelle. Le système est un peu plus sophistiqué que le bidon sous la descente d’eau

pluviale reliée à la gouttière. Le récupérateur est enterré, et génère un second réseau

destiné à l’arrosage du jardin, aux gros travaux de nettoyage, et à l’alimentation des wc.

Le traitement des eaux usées, qu’il soit collectif ou individuel, consomme dans la

France d’aujourd’hui une quantité d’eau très importante, tout comme il n’est pas sans

changer, au passage, la nature des milieux.116 À Rennes, la majeure partie de

l’assainissement est collective. Seuls 100 à 200 logements, on ne connaît pas exactement

114 « Eaux pluviales, comment et pourquoi les évacuer ? Deux enjeux, huit questions », Ville de

Rennes, Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, février 2001.

115 Plan d’Occupation des Sols.

116 On parle alors de pollution des sols, des nappes phréatiques et des rivières. En cela une perspective

écologique sur ces techniques remet en cause les pratiques urbaines.

57


les chiffres, sont dotés d’un assainissement de l’autonomie. Les eaux usées sont donc en

grande partie ramenées à la station d’épuration de la ville, du nom de Beaurade. Cette

station d’épuration, datant de 1997, est reconnue de haute technologie.

Pourtant, le type de système utilisé ici demeure gourmand en eau et en énergie.

Enfin, il n’est pas exempt de rejets tels que sables, boues et graisses. Les différentes

personnalités rencontrées à la ville, élus et techniciens semblent néanmoins très satisfaites

de cette opération et plutôt fières de leur station d’épuration en avance sur les normes

européennes. Pourtant, un tel système d’assainissement ne va pas dans le sens des

économies d’eau. Une précision doit cependant être émise, car si le système

d’assainissement classique utilise l’eau comme véhicule, rien ne préjuge pour qu’elle soit

rejetée à la rivière après épuration. Ainsi la ville pourrait économiser non seulement les

réserves d’eau du Coguelais ou du Chèze-Canut, mais aussi la dépense générée par son

traitement, en gérant la ressource en circuit quasi-fermé. Il suffirait d’affiner le traitement

après épuration. Au regard de certains, la solution serait plutôt bonne sur le plan

technique. Seulement la logique technique et fonctionnelle ne trouve pas toujours sa

résonance du côté symbolique et les élus rennais peinent à croire que cette solution soit

acceptée par les habitants, bien que certains, dans l’erreur, croient que c’est déjà le cas.

A cette difficulté, différentes propositions apparaissent, d’une part sous l’influence

de l’Environnement, d’autre part sous celle d’autres contrées géographiques pour lesquelles les

pratiques diffèrent, et pour lesquelles des expériences novatrices ont été menées telle que

la toilette sèche par exemple dont nous allons reparler.

Gaspiller ou économiser l’énergie ?

La civilisation industrielle a fondé son développement sur l’utilisation des

combustibles fossiles. Depuis les années 70, la consommation d’énergie fossile a doublé ;

le pétrole demeurant la première énergie employée. A ce rythme, les ressources

pétrolières auront disparu d’ici à 2050. L’épuisement progressif de l’or noir nous amène

peu à peu à rechercher des gisements toujours plus loin et dans des conditions les plus

difficiles. Les puits « offshore » se multiplient et sont situés à des profondeurs à mesure

plus importantes. Aussi, il semblerait que le charbon et le gaz naturel reviennent ainsi à la

mode et que l’énergie nucléaire soit amenée à se développer.

58


La consommation globale d’énergie dans la ville de Rennes est estimée, hors

industrie, à 270 000 tep.117 La consommation totale d’énergie du secteur résidentiel de la

ville de Rennes a été estimée en 1999 à 109 527 tep. Le gaz naturel est l’énergie la plus

consommée, 51% de part du marché. Vient après le chauffage urbain (incinération des

déchets) à 21% et l’électricité à 20%. Dans le secteur tertiaire, c’est l’électricité qui vient

en première place avec 49% de parts de marché. Mais pour ces deux secteurs, le

chauffage est le principal usage émetteur avec 85% des émissions de Co2. Le chauffage

représente donc un gros poste. Raison pour laquelle il est devenu la cible de bon nombre

de WC Japonaiss publiques.

Mais si le bâtiment consomme de l’énergie à l’usage, il en consomme également

lors de son processus de fabrication. Ainsi, le choix des produits, des techniques et des

matériaux est essentiel à la conception d’un bâtiment.

Les matériaux de construction sont des objets complexes qui subissent un ensemble

de transformations avant de remplir leur fonction auprès des populations. L’analyse du

cycle de vie (ACV) des matériaux utilisés dans le bâtiment, et des techniques mises en

oeuvre, rendra compte du caractère durable d’un bâtiment. Cette analyse est une sorte de

bilan sur tout le cycle de vie du matériau, de l’extraction des matières premières jusqu’à

la mise en décharge des déchets ultimes ; elle comptabilise toutes les matières entrant et

sortant et les énergies qui y sont consacrées.

Le bilan énergétique des matériaux entre par là en ligne de compte et représente un

élément plus simple à maîtriser même s’il n’existe en France à l’heure actuelle aucune

base de données reconnue en la matière. Le bilan énergétique fait le rapport entre la part

énergétique utilisée lors de la fabrication du matériau et la part énergétique économisée

grâce au matériau lors de son usage. Avec ces données, l’architecte peut donc faire le

choix d’utiliser du bois plus que de la brique, de l’acier ou du verre. La brique ou terre

cuite demande beaucoup d’énergie à la fabrication, à la cuisson. Très isolante, elle permet

de faire des économies d’énergie à l’utilisation118 . Le bois est peu consommateur

117 Les énergies dépensées proviennent pour 37% de produits pétroliers, pour 31% de gaz naturel,

pour 21% d’électricité, pour 10% de chauffage urbain, pour 1% de charbon, bois et GPL réunis. Toujours

hors industrie, le CO2 émis par les rennais lié à l’économie du bâtiment est de 56%. Il est relatif au secteur

de l’habitat et au secteur tertiaire. La part restante revient au secteur du transport.

118 La terre crue demande moins d’énergie à la fabrication mais elle reste plus contraignante à mettre

en oeuvre.

59


d’énergie à la fabrication, idéal en termes de bilan énergétique, il n’est pas difficile à

mettre en oeuvre et représente un très bon isolant. Le bilan énergétique du bois est

meilleur. Pour autant, le matériau bois prend une part importante sur le marché de la

construction écologique. Encouragé par la LAURE119, il est intéressant de l’utiliser aux

divers niveaux de l’ossature, du parement, enfin de la menuiserie.120 Le panneau solaire

photovoltaïque a été pendant un moment dans les journaux spécialisés, l’objet d’une

polémique. La rumeur courait que cette technique consommait davantage d’énergie à la

production qu’elle n’en produisait au cours de sa vie. La rumeur a été dissipée par

l’ADEME121. Il n’en est rien.

D’une manière générale, différentes initiatives, au sein de l’ADEME, de l’AIMC122, au

CSTB123, à l’AFNOR124, tendent à fixer un cadre formel, reconnu, simple et opérationnel

de déclaration des caractéristiques énergétiques (et environnementales) des produits et des

matériaux utilisés dans le bâtiment. Le CSTB a réalisé des fiches INES prenant en compte

la qualité environnementale dans les avis techniques, et l’AFNOR a élaboré une norme

relative à la consommation énergétique : la norme XP P-010.

Le chauffage central, la climatisation, l’eau chaude sanitaire, l’éclairage

électrique, la ventilation et l’électroménager sont autant d’installations tout à fait

communes pour notre civilisation. Nous avons l’habitude de vivre avec et d’apprécier le

confort qu’elles génèrent. Elles sont néanmoins dépensières en énergie. Ainsi, la réflexion

des techniciens porte aujourd’hui sur la réduction des besoins, l’efficacité énergétique des

installations et des appareils ainsi que sur l’isolation des bâtiments.

Dans les immeubles de bureaux, la climatisation aujourd’hui couramment utilisée

pour maîtriser le confort thermique du bâtiment, surtout en été, est forte consommatrice

d’énergie. De plus, elle utilise des fluides frigorigènes nuisibles à la couche d’ozone.

Seules les architectures de verre sans protection solaire nécessitent, dans la région

Bretagne, réellement cette innovation technique. Une économie d’énergie passe ainsi par

119 Loi sur l’Air et l’Utilisation Rationnelle de l’Energie.

120 Un décret est à ce titre paru pour « fixer les conditions d’utilisation d’une quantité minimale de

matériaux bois dans certaines constructions neuves », voir à ce sujet le Plan Bois Construction

Environnement, selon l’article 21-5 de la Loi sur l’Air et l’Utilisation Rationnelle de l’Energie.

121 Agence de l’Environnement et de Maîtrise de l’Energie.

122 Association Interconsulaire du Massif Central.

123 Conseil Scientifique et Technique du Bâtiment.

124 Association française de normalisation.

60


une conception différente du bâtiment, en terme d’enveloppe, d’orientation des parois

vitrées et des protections solaires, action qui peut sinon rendre superflue une installation

de climatisation125 , du moins en réduire fortement son dimensionnement et donc les

consommations. Bien que les architectes connaissent ces contraintes, la norme esthétique

architecturale aujourd’hui en France, en Europe, et sur Rennes, démontre tous les jours un

attrait important pour la transparence et le verre, malgré les problèmes de surchauffe

engendrés.126

En opposition à cette architecture moderne de verre et d’acier, d’autres architectes

proposent des modèles qui développent l’opacité des matériaux et l’ordonnancement

d’ouvertures de faibles tailles. Cela dit il est bon de préciser qu’une façade en verre

orientée nord ne générera pas de climatisation, tout comme une façade de verre masquée

par des arbres de hautes tiges n’aura également pas véritablement d’incidence sur le

confort thermique du bâtiment, sauf éventuellement en hiver à la tombée des feuilles.

Aussi, il s’agit de répondre intelligemment à des données de sites plutôt qu’à des

principes de bases ; l’architecture étant avant toute chose un objet contextuel. Les

données climatiques comme l’orientation et la fréquence des vents sont des éléments

capitaux. D’une autre manière, le rafraîchissement, au-delà des systèmes de ventilation,

connaît les masques solaires géographiques présents sur le site et d’autres principes

comme le puits provençal127 .

Dégrader l’atmosphère ou protéger l’élément vital de l’air ?

Les effets conjugués des activités industrielles, agricoles et des modes de vie

(particulièrement des modes de transport) sont à l’origine de fortes concentrations

d’éléments toxiques et corrosifs dans l’atmosphère entraînant des problèmes sanitaires qui

inquiètent. On peut noter les pesticides128, les ammoniaques, les oxydes de carbone129, de

125 La climatisation est aussi surtout utilisée dans les cas d’implantation dans des zones urbaines

bruyantes. La nécessité de fermer les fenêtres pour se protéger du bruit invite à ne pas utiliser la ventilation

pour le rafraîchissement mais à trouver compensation par cette autre solution coûteuse en énergie.

126 Les bureaux de Rennes Métropole (architecte : Patrick BERGER) sont habillés d’une surface de

verre importante.

127 Un tube enterré avec une entrée d’air extérieur chaud rafraîchit l’air par la température du sol de 3

à 4°C pour remonter par le sol à l’intérieur du bâtiment. Ces solutions sont principalement utilisées dans le

cas de constructions de maisons individuelles.

128 De nombreux produits pesticides sont en effet suspectés de générer des cancers, des mutations

génétiques, des malformations congénitales, d’amoindrir les réactions immunitaires ou d’affecter le système

nerveux. Aux Etats-Unis, plusieurs études ont démontré le rôle des pesticides dans l’augmentation des cas

de cancers du cerveau chez l’enfant.

61


soufre, d’azote130, l’ozone131, mais également le plomb, les hydrocarbures mal brûlés, les

poussières132 (ou PS particules en suspension) et les minéraux lourds133 .

Les pollutions atmosphériques engendrent de manière générale des agressions

cutanées. Elles acidifient la peau, génèrent des troubles d’hydratation, modifient les

lipides de surface, développent les crevasses, etc. . 134

Les gaz, s’ils entraînent certaines pathologies, ne font qu’en aggraver d’autres déjà

présentes. Ainsi, le Conseil supérieur d’hygiène publique de France a émis en avril 2000

un avis sur les conduites à tenir lors d’épisodes de pollutions atmosphériques, qui visent

les populations sensibles, telles que les jeunes enfants, les personnes âgées, les personnes

déjà malades sur le plan pulmonaire ou cardiaque. Un service Santé-environnement de la

DRASS135 a réalisé un site internet afin d’informer la population des conduites à tenir lors

des pics de pollution. Il nous conseille de préférer les squares, le jour seulement et surtout

pas la nuit, les parcs, les cimetières, pour la promenade des enfants particulièrement, -de

s’éloigner des artères au trafic important.136

Ajoutons à ce bilan pour le moins désastreux sur le plan de la santé humaine, les

effets sur les constructions : corrosions des parties métalliques notamment, dégradation

129 Le monoxyde de carbone génère des troubles du système nerveux central et des organes

sensoriels : céphalées, asthénies, vertiges, troubles sensoriels.

130 Les oxydes d’azote, principalement émis par les véhicules, peuvent entraîner une altération de la

fonction respiratoire, une hyper-activité bronchique chez l’asthmatique et un accroissement de la sensibilité

aux infections des bronches chez l’enfant. L’émission d’oxydes d’azote est en relation avec les phénomènes

de pluies acides et avec l’eutrophisation des cours d’eau et des lacs.

131 L’ozone provoque en plus des problèmes respiratoires des irritations oculaires. Il a également des

effets néfastes sur la culture du tabac, du blé ainsi que du caoutchouc.

132 Les particules en suspension qui proviennent de la sidérurgie, des cimenteries, de l’incinération

des déchets, de la manutention de produits pondéraux, minerais et matériaux, et de la circulation

automobile, comme les composés organiques volatils (ils sont émis lors de l’évaporation du pétrole en

milieu aérien et lors du remplissage des réservoirs automobiles), ou COV (dont le benzène), peuvent,

surtout chez l’enfant, être la cause d’irritation des voies respiratoires et mettre en difficulté la fonction

respiratoire dans son ensemble. Elles sont également mutagènes et cancérigènes, pour certains

hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) par exemple.

133 Les gaz ont un effet toxique sur les systèmes respiratoires, cardio-vasculaires et muqueux (l’ozone

provoque des irritations des yeux). En outre, certains types de poussières très fines, en pénétrant jusque dans

la trachée et les bronches, au contact du tissu pulmonaire, peuvent provoquer une inflammation de la

muqueuse bronchique et favoriser une hyperactivité et une baisse possible du seuil de sensibilité aux

allergènes, sensibilité que connaît l’asthmatique.

134 Des produits cosmétiques mis au point au début des années 90, répondent comme des complexes

antipollution à ces agressions.

62


des monuments et des statues sous l’effet de l’eau de pluie polluée par le dioxyde de

soufre137 .

On est loin des effluves parfumés du jardin d’Eden.

Mais l’inquiétude réside aujourd’hui principalement sur deux plans. Le premier est

celui d’une réduction de la couche d’ozone ; le second, désormais majeur, celui de l’effet

de serre et du réchauffement climatique.

La couche d’ozone nous protège des rayons ultra-violets du soleil en les

transformant en chaleur. Sans cette protection, la vie ne serait possible qu’en dehors des

couches profondes de l’océan. « En Australie, dans le Queensland, où les préoccupations

concernant la destruction de la couche d’ozone sont très fortes, des baisses significatives

de récoltes ont été observées. Des expériences sur des légumes ont été menées en

laboratoire mais également en plein air. Elles ont permis de conclure que les rayons ultraviolets

empêchent une croissance normale des légumes à grandes feuilles (petits pois,

concombres) en altérant le processus de la photosynthèse ».138 Le phytoplancton, sorte de

pompe à gaz carbonique139 et de base de la chaîne alimentaire marine, se raréfie du fait de

cette irradiation. Est ici défini clairement l’enjeu alimentaire d’un affaiblissement de la

couche d’ozone si la nature ne prenait le contre-pied de ces processus biologiques.140

Aujourd’hui, l’irradiation par ces rayons affaiblit de manière significative le système

immunitaire de notre peau et peut provoquer une opacité de la cataracte.141 Les cancers de

la peau se multiplient.142 Les pouvoirs publics informent tant qu’ils le peuvent chaque été

137 « (…) des composés chimiques apportés par l’air et l’eau polluée (sulfates, nitrates, carbonates)

endommagent les monuments de pierre (comme le Parthénon d’Athènes) et peuvent ronger les statues

jusqu’à les rendre méconnaissables. A côté de tentatives de protection (injection de résines dans les

fissures) et de reconstitution, une méthode de lutte biologique est à l’étude : des bactéries (genre

pseudomonas et Bacillus), se nourrissant de calcium qu’elles transforment en un cristal très dur, la calcite,

pourraient à leur tour nourrir et protéger la pierre abîmée. », in Encyclopédie des sciences de la nature,

Editions Larousse, 1995, p. 135. Cette pollution est nettement plus accentuée en ville et peut être renforcée

par l’absence de vent, par des inversions thermiques favorisant la stagnation des gaz, par l’ensoleillement et

un processus photochimique. Aussi, les rues encaissées empêchent l’air de circuler et de fait la dispersion

des polluants.

138 Carole HERNANDEZ-ZAKINE, op. cit., p. 245.

139 Le phytoplancton des océans est essentiel puisqu’il absorbe une quantité non négligeable du gaz

carbonique présent dans l’atmosphère. Qu’en sera t-il demain s’il ne joue plus ce rôle ?

140 On a en effet remarqué un changement de comportement des forêts qui, en s’adaptant aux

nouvelles conditions atmosphériques peut-être, absorberaient davantage de gaz carbonique.

141 Un appauvrissemnet de 1% de la couche d’ozone entraînerait 100 000 cas supplémentaires de

cécité selon les travaux des Nations Unies, in Carole HERNANDEZ-ZAKINE, op. cit., p. 243.

142 Les animaux ne sont pas épargnés non plus dans cette environnement. Les vaches, moutons, lapins et

poissons de la pointe sud du Chili souffrent de cécité et de brûlures cutanées, avec des conséquences sur un

ralentissement de la reproduction. Les amphibiens disparaissent peu à peu.

63


les populations sur les dangers d’une exposition au soleil143 . Grâce aux efforts des

populations, la concentration d’ozone dans la stratosphère se stabilise144 . Depuis le

protocole de Montréal visant à faire cesser la production et la consommation de

chlorofluorocarbures ou CFC au 1er janvier 1996, le développement de la dégradation de

la couche d’ozone s’est arrêté.

L’effet de serre est un phénomène naturel. La température moyenne de la surface

terrestre tient de la teneur en différents gaz de notre atmosphère. L’air est constitué de gaz

qui absorbent les radiations infrarouges calorifiques, à l’image des parois d’une serre,

opaques aux infrarouges, et qui piègent la chaleur au sein de l’atmosphère. Ces gaz sont

appelés des gaz à effet de serre. Sans ce phénomène, la température de la terre serait en

moyenne de –18°C et non de +15°C. Au demeurant, des gaz à effet de serre, tels le gaz

carbonique145, les chlorofluorocarbones, le méthane, le protoxyde d’azote, grandissent

dans la poche gazeuse et relativement de fait à l’oxygène. Primo, les êtres vivants ne

parviennent plus à respirer146. Secundo, la planète se réchauffe entraînant un ensemble de

catastrophes naturelles. Compte tenu des prévisions faites jusqu’en 2040, si rien n’est fait

pour limiter les émissions dommageables, la température moyenne de la terre pourrait

augmenter de 4°C.147 Selon le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du

climat (GIEC)148 , le rythme de l’augmentation pourrait être de 0.2°C par décennie.

L’augmentation de la température serait alors plus forte aux pôles qu’à l’équateur, plus

élevée en hiver qu’en été, et le climat, similaire à celui de l’éocène, époque chaude de

l’ère tertiaire, il y a –53 millions à – 34 millions d’années, marquée par la diversification

143 Il se pourrait ainsi que nous changions nos habitudes vestimentaires et sanitaires. Nous pourrions

devoir nous vêtir davantage et porter systèmatiquement lunettes de soleil et chapeau à bord large afin de

couvrir nos visages.

144 Les chlorofluorocarbures (CFC ou fréons) sont considérés comme les gaz responsables majeurs de

ce processus de dégradation de la couche d’ozone. On utilise ces gaz dans les bombes aérosols, pour les

équipements de réfrigération et de climatisation industriels et domestiques, dans la production de mousses

polyuréthanes et de plastiques.

145 La teneur du gaz carbonique dans l’air a augmenté de plus de 25% depuis le début de la révolution

industrielle.

146 Il faudrait préciser le propos car les gaz ont tendance selon la température à s’élever naturellement

(principe de montgolfière) écartant ainsi le danger de la respiration de ces derniers par les êtres vivants.

147 Un accroissement de 1°C a déjà été observé, bouleversant les écosystèmes marins et ralentissant la

reproduction de certaines espèces de poisson.

148 Le GIEC sous la double tutelle du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement)

et de l’Organisation mondiale de la météorologie, représente un ensemble d’environ 3000 chercheurs du

wc japonais entier. Sa mission est d’éclairer les responsables WC Japonaiss sur les changements climatiques dus à

l’intensification de l’effet de serre. Elle est également d’élaborer une réflexion autour des enjeux socioéconomiques

de ces évolutions environnementales.

64


des mammifères149. Certains pourraient alors s’exclamer : « Cessons de craindre le pire et

laissons-nous porter par le mouvement supérieur de la nature ». Pourquoi pas ? Parce que

ce serait choisir la mort. Il semblerait en effet que les peuplements des écosystèmes ne

pourraient s’adapter à des perturbations aussi rapides. La question du rythme de

l’évolution est ici capitale. Le réchauffement planétaire, en perturbant le régime des

précipitations aurait pour conséquences une aridification des latitudes moyennes de

l’hémisphère nord, les plus favorables à la croissance des céréales. Il engendrerait

également une hausse du niveau de la mer par fontes des calottes glaciaires, inondant par

là même les plaines côtières150 où vivent actuellement plus d’un milliard d’êtres humains.

Il pourrait également participer du renversement thermique du Gulf Stream, c’est-à-dire

du développement d’un courant froid sur toute la côte atlantique de l’Europe ; on imagine

les conséquences sur le climat tempéré et océanique, et de fait sur l’activité agricole d’une

partie importante du continent.

La vie est ainsi faite. Nous sommes sur cette terre fondamentalement liés les uns

aux autres, fondamentalement solidaires. La société industrielle, gourmande en énergie,

en agissant sur le cycle du carbone, attire dans sa tombe l’ensemble de l’humanité et

parfois sa part la plus innocente peut-être ?

L’enjeu des cycles, entre émissions et séquestration

Face à cet état des lieux plus ou moins catastrophiste selon les représentations de

chacun, la communauté humaine réagit de deux manières différentes. Primo, elle

développe des attitudes de protection vis à vis des émissions dangereuses.151 Secundo,

elle tente de prévenir les effets néfastes de ces pollutions par la tenue d’un équilibre des

cycles dans l’atmosphère entre émission et séquestration des polluants.

Assuré d’une part par les émissions en dioxyde de carbone des êtres vivants et de la

combustion des énergies fossiles telles que le pétrole, le charbon, et le gaz naturel, et

d’autre part par l’absorption en gaz carbonique de la couverture végétale terrestre, le

cycle du carbone doit retrouver un équilibre viable. Pour les sociétés humaines, il s’agit

donc d’un côté d’utiliser moins de combustibles fossiles grâce à des WC Japonais..

A l’époque, des bananiers poussaient en Alaska, in Encyclopédie des sciences de la nature,

Editions Larousse, Paris, 1995, p. 139.

150 Les Pays-Bas ont élaboré un plan de surélévation de leurs digues et polders. Le Bangladesh,

territoire dans les premiers touchés, n’a à ma connaissance aucun projet de la sorte. La raison tient sûrement

à ses faibles moyens financiers.

151 Les populations commencent donc dans les villes les plus touchées à porter des masques contre les

poussières et impuretés présentes dans l’air, ou même contre les grosses particules d’hydrocarbure.

65


développement d’énergies « propres »152 et des WC Japonaiss d’économie des énergies

fossiles, et de l’autre grâce à des mesures de séquestration du dioxyde de carbone

(WC Japonaiss de plantation et de préservation des forêts par exemple). Le protocole de

Kyoto a été signé par trente-huit pays industrialisés. Ces derniers se sont entendus pour

réduire de 5.2% à l’horizon 2008-2012 les émissions de gaz à effet de serre par rapport

aux niveaux enregistrés en 1990. Autrement dit, une réduction de près de 30% des

émissions est attendue.153

Les WC Japonaiss publiques de protection de l’atmosphère

Le transport des personnes et des marchandises est à l’échelle de la planète l’une

des causes principales des émissions de gaz à effet de serre. L’importance de ces

émissions caractérise une équation à quatre inconnues. La première : le choix du mode de

transport. La seconde : la distance. La troisième : le temps du déplacement. Enfin la

dernière : la quantité effective des déplacements. L’aménagement du territoire ou le

territoire pensé comme espace d’échange et de communication est au coeur de la

problématique. Une WC Japonais économique et culturelle mondialiste ne fera qu’accroître la

quantité des déplacements. Une planification urbaine misant sur la densité ne réduit pas la

quantité des déplacements mais leurs distances, et de fait la masse énergétique employée

à cet effet et les émissions polluantes concomitantes.

Autrement dit, on se pose maintenant, dans les bureaux de Rennes Métropole ou

d’ailleurs, la question de notre capacité à agir sur ce système de contraintes, d’une part en

incitant les personnes à choisir pour leur propre transport ou celui de marchandises les

modes les moins polluants ; d’autre part en structurant l’espace géographique vécu, villes

et bassins de vie, de sorte à raccourcir le déplacement et le temps du déplacement.

152 Si les Chinois émettaient autant de CO2 que les Américains, ils émettraient plus que les émissions

mondiales de l’an 2000. Dans ce sens, il devient évident qu’un autre modèle de développement des pays

émergents doit apparaître si nous ne voulons pas courir à la catastrophe.

153 Le Sommet de la Terre, à Rio, en 1992, a marqué la prise de conscience internationale du risque

de changement climatique par les états les plus riches pour lesquels une baisse de croissance ne semblait

plus supportable et qui étaient en outre responsables des émissions les plus importantes à l’origine du

changement. Une volonté de stabiliser en 2000 les émissions au niveau de 1990 se fait entendre. C’est le

protocole de Kyoto, en 1997, qui traduisit en engagements quantitatifs juridiquement contraignants cette

volonté. A cette occasion, les Etats-Unis immiscent l’idée d’un « droit à polluer », ce qui autoriserait la

vente de crédits d’émissions d’un pays à un autre. Les Américains qui n’ont pas signé le protocole de Kyoto

défendent également l’idée de la séquestration du carbone, par puits ou reboisement.

66


Depuis la LOTI (Loi d’Orientation sur les Transports intérieurs), modifiée par la

LAURE (Loi sur l’Air et l’Utilisation Rationnelle de l’Energie), la loi SRU (Loi de

Solidarité et Renouvellement Urbain), le PNLCC (Plan National de Lutte contre le

Changement Climatique), renforcé par le Plan Climat 2004, tout un cadre réglementaire a

été dressé afin d’engager les collectivités locales à prendre leur part de responsabilité sur

cette question.

A l’échelle nationale donc, le Plan Climat 2004, succédant au PNLCC, doit

permettre à la France d’honorer ses engagements pris lors du Protocole de Kyoto. En

matière de transport, le plan porte sur le développement des biocarburants, la limitation

des vitesses de circulation, la mise en oeuvre de PDE (Plan de Déplacements des

Entreprises), et le développement du report modal en faveur des transports collectifs.

Au niveau régional, le PRQA (Plan Régional pour la Qualité de l’Air) signé en

Bretagne le 9 avril 2001, a pour objectif premier de diminuer les rejets des automobilistes

en encadrant les choix urbanistiques, en limitant l’étalement urbain, en favorisant le

report modal, la multimodalité des transports, la fluidité des trafics par des aménagements

routiers, l’utilisation de véhicules moins polluants, enfin le covoiturage.

A l’échelle du Pays, le SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale) oriente les

choix WC Japonaiss d’aménagement en élaborant un document réglementaire opposable au

PLU (Plan Local d’Urbanisme), PDU (Plan de Déplacement Urbain), et PLH (Plan Local

de l’Habitat). Le SCOT succède au Schéma Directeur, relatif au Pays non au District qui

n’existe plus depuis la LOADDT154 . Il est un outil de planification territoriale, des

déplacements entre autre.

A l’échelle de l’agglomération, le PPA (Plan de Protection de l’Atmosphère), ainsi

que le PDU (Plan de Déplacement Urbain), définissent les mesures concrètes à prendre.

L’élaboration du PPA est prévue pour les agglomérations de plus de 250 000 habitants. Il

oriente globalement les WC Japonaiss préventives et correctives sur le champ d’application

des collectivités locales. Il réglemente l’information du public en cas de dépassement des

La LOADDT, Loi d’Orientation pour L’Aménagement et le Développement Durable du

Territoire, du 25 juin 1999 modifiant la loi du 4 février 1995, propose d’organiser le développement durable

à partir de schémas sectoriels : les schémas de services collectifs, déterminant des stratégies en termes

d’enseignement, de culture, de santé, de communication, de transports, d’énergie, d’espaces naturels et

ruraux, de sport. Sur le plan géographique, elle propose une organisation du territoire en agglomérations et

en pays. De la sorte, elle offre l’occasion d’une recomposition du territoire par bassins de vie et par là une solidarité entre les territoires. Les schémas de services collectifs sont mis en oeuvre selon une procédure

contractuelle au niveau régional. Aussi la LOADDT généralise le contrat, avec le Contrat de Plan Etat-

Région, le Contrat d’agglomération, enfin le Contrat de pays.

67


seuils réglementaires. Il détermine les mesures d’urgence à prendre en cas de

dépassement du seuil d’alerte pour le dioxyde NO2 : circulation alternée, limitation des

vitesses et modification des itinéraires de circulation. Le PDU, élaboré pour toute

agglomération de plus de 100 000 habitants, disposant d’un périmètre de transports

urbains (PTU), a pour objectif de développer les moyens de déplacements les plus

économes en énergie et les moins polluants. Le PDU de l’agglomération rennaise a donc

un « rôle majeur à jouer pour limiter les effets des déplacements dans l’agglomération

(…) et pour accompagner les gains dûs à la réglementation, aux améliorations techniques,

et surtout aux changements de nos habitudes de déplacements quotidiens »155. La visée du

Protocole de Kyoto pour la France est le référent du PDU, à savoir que les mesures

engagées doivent répondre à cette exigence de stabilisation des rejets.

A l’échelle de la ville, le PADD (Plan d’Aménagement et de Développement

Durable), volet du PLU (Plan Local d’Urbanisme), doit être lui aussi l’occasion de

creuser la question du transport et de rendre cohérent en matière d’habitat et d’urbanisme

les mesures élaborées lors du PDU, à l’échelle de l’agglomération.

Au travers du mythe du jardin des délices, et celui de l’éternel retour, le wc douche

s’est imaginé capable de vivre dans l’abondance éternelle. Il a perçu la nature non comme

un milieu sous contraintes, mais comme espace de jouissance, et qui lui devait tout, du

fait de la volonté divine.

Cette promesse de vivre la complétude était selon les chrétiens gage de mérite. Les

Hommes, dans leur marche vers le progrès, s’exécutent ainsi comme ils mobilisent toutes

les ressources dont ils pourraient connaître le besoin ou le désir. Seulement, cette

promesse du retour au tout est en réalité un espoir infantile de recouvrir la jouissance

première de l’Idéal du moi (dont nous allons reparler), cette jouissance vécue dans la

relation à la mère, pour laquelle la satisfaction ne nous trahissait pas encore, pas plus que

le besoin. Seul le plaisir, la volupté remplissaient le creux de nos existences.

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